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AppsFlyer prévoit que les dépenses publicitaires mondiales pour l’installation d’applications devraient atteindre 64 milliards de dollars d’ici 2020

Avatar Jillian Gogel Dec 02, 2018

 

 

La période actuelle est vraiment passionnante pour tous les acteurs de l’univers du mobile. Les appareils mobiles offrent aux consommateurs des accès toujours plus variés et de plus en plus de fonctionnalités basculent vers les applications installées sur des mobiles. Il est clair que le mobile est en position dominante. D’ailleurs, selon une étude récente de eMarketer, le mobile a compté pour près de 70 % de la totalité de l’espace publicitaire numérique américain en 2018.

Les marketeurs peuvent tirer bien des avantages d’un écosystème mobile first, notamment les nombreux flux de revenus générés par les achats in-app et ceux liés aux abonnements et aux annonces in-app. Le mobile offre en outre un canal plus personnel pour établir une relation client. Par ailleurs, le mobile est bien plus omniprésent que les ordinateurs de bureau ne l’étaient auparavant et il représente l’élément commun qui permet de cimenter les multiples points de contact tout au long du parcours utilisateur.

Bien sûr, les défis ne manquent pas pour réussir dans l’univers du mobile, à commencer par la concurrence féroce qui rend difficile la découverte organique dans les magasins d’applications, ainsi que la possibilité d’acquérir à grande échelle des utilisateurs à valeur élevée qui utiliseront une application dans la durée

Dans ce type d’environnement, l’acquisition d’utilisateurs basée sur les données gagne en importance. De fait, les applications investissent de plus en plus de ressources pour attirer des utilisateurs d’applications de haute qualité et favoriser avec eux des connexions multicanales à long terme.

 

Dépenses publicitaires pour l’installation d’applications

Les dépenses publicitaires mondiales pour l’installation d’applications devraient augmenter de 65 % entre 2018 et 2020, pour atteindre 64,1 milliards de dollars. D’une année sur l’autre, ce montant devrait augmenter de 34 % en moyenne, puis diminuer graduellement au fil le temps, même si la croissance devrait rester forte tout au long de cette même période. L’augmentation du coût des médias, associée à la multiplication des campagnes payantes, des applications, de l’utilisation mobile et des utilisateurs a entraîné un accroissement des dépenses publicitaires qui devrait se poursuivre à l’avenir.

 

L’un des marchés d’applications les plus importants du monde (l’Amérique du Nord) devrait également enregistrer une croissance très prononcée des dépenses publicitaires pour l’installation d’applications, doublant d’ici 2020 pour atteindre 12,9 milliards de dollars. À l’instar de ce que l’on peut s’attendre à observer à l’échelle mondiale, la variation moyenne d’une année à l’autre dans cette région devrait atteindre environ 21 %, soit une croissance importante sur une période étendue.

 

 

Installations non organiques

Même si les dépenses publicitaires pour l’installation d’applications devraient connaître leur plus forte croissance d’ici 2020, il est toujours important de surveiller les tendances des installations non organiques afin d’avoir l’image la plus complète possible de la LTV potentielle générée par le marketing.

 

Pour cette raison, il convient de noter que, malgré la croissance importante des installations entre 2017 et 2020, ce taux ne devrait pas correspondre à l’augmentation prévue des coûts des médias. Nos données indiquent que les installations mondiales devraient augmenter de 110 % en 2020, contre 73 % pour les installations nord-américaines. Il faut garder à l’esprit que, même si les dépenses publicitaires et les taux de croissance d’installation conservent le même rythme jusqu’en 2020, les marketeurs devront être toujours plus efficaces dans leurs campagnes marketing, dans un contexte de hausse des coûts des médias.

 

Compte tenu de tous les facteurs ci-dessus, à l’aube de la nouvelle année, la question urgente est…

 

Pourquoi peut-on s’attendre à une croissance des applications mobiles ?

Un certain nombre de tendances émergentes signalent un essor des dépenses publicitaires mobiles et des installations. Nous en détaillons ci-dessous quelques unes des plus marquantes pour 2019 :

  • Gaming : l’économie des applications connaît une croissance rapide, principalement imputable au gaming et aux applications d’achat, qui représentent près de 44 % de toutes les installations non organiques combinées. Le gaming notamment, qui représente environ 40 % du marché total d’installation d’applications, a enregistré une croissance particulièrement remarquable. Entre 2016 et 2018, la part des installations de gaming non organiques sur le marché a augmenté de 26 %, passant de 27 % à 34 %.
    • Par exemple, jetez un coup d’œil au phénomène du gaming de Fortnite, qui domine complètement les app stores en termes de classement, de téléchargements et de revenus. Cela relève presque du phénomène culturel et montre l’importance globale qu’acquiert le secteur du gaming.
  • Appareils puissants : sur le plan de l’équipement, on assiste au lancement de nouveaux appareils plus abordables, dont la puissance permet la prise en charge d’expériences de gaming plus sophistiquées et immersives. Ces appareils offrent globalement un plus grand espace de stockage, ce qui signifie, notamment dans les pays en voie de développement, la fin des limites matérielles restreignant le nombre d’applications pouvant être installées sur un appareil donné.
  • Vente par le biais des applications : pour les applications d’achat, cette catégorie d’applications joue un rôle important dans la connexion qu’elle offre aux utilisateurs entre les canaux hors ligne (en magasin) et en ligne (Web, Web mobile et applications), surtout si l’on tient compte de l’utilisation croissante des applications mobiles pour effectuer des achats. (Forrester prévoit que 34 % de toutes les ventes retail aux États-Unis, soit plus d’un billion de dollars, devraient être impactées par les appareils mobiles et estime que cette proportion passera à 42 % d’ici 2022.)
  • Applications de streaming vidéo et musique : cette forme de consommation de contenu est en pleine croissance, avec des géants tels que  Netflix, HBO, Hulu et Spotify, notamment. Ce phénomène est probablement lié à l’émergence d’appareils plus puissants, de paquets de données abordables et d’infrastructures cellulaires plus solides comme la 4G et la 5G, capables de les prendre en charge avec plus de souplesse et de bande passante.

Déjà sensibles, ces tendances devraient se poursuivre.

 

Notes finales

  • Ce n’est pas une surprise : l’écosystème mobile devrait devenir encore plus compétitif qu’il ne l’est déjà. C’est pourquoi les marketeurs devraient s’appuyer beaucoup plus sur les données pour obtenir l’avantage concurrentiel dont ils ont besoin.
  • À mesure que les marketeurs récoltent les fruits de stratégies de marketing bien étudiées et d’une augmentation des revenus, les fraudeurs continueront également à se disputer une part du gâteau. Une protection permanente est donc une priorité absolue.
  • Les applications qui permettent également l’édition publicitaire en plus de leurs propres fonctionnalités auront amplement l’occasion de profiter des dépenses publicitaires croissantes pour générer davantage de revenus à partir de l’actif publicitaire de leur application.

 

Méthodologie

En raison de la nature complexe de ces prévisions, nous avons utilisé 5 modèles statistiques différents afin de calculer les tendances citées plus haut. Ces modèles incluent Support Vector Machine (SVM) et K-Nearest Neighbor.

Nos résultats proviennent principalement des données d’AppsFlyer, un échantillon comprenant 35 milliards d’installations, 10 milliards de dollars en dépenses publicitaires et 70 000 applications. Nous avons également utilisé d’autres paramètres, comme les données des parts de marché d’attribution mobile tierce, la prévision des CPI par région, le nombre d’applications dans les app stores et le nombre d’installations.

Après la collecte initiale des données, l’ensemble a été divisé dans les deux catégories suivantes : la part de marché de l’attribution d’installations non organiques (à l’exclusion des analytiques d’application de Firebase et de Facebook) et le marché non attribué (installations générées par le marketing non mesurées par un prestataire d’attribution mobile). Il est à noter que cette division n’est pas indiquée dans le rapport ci-dessus, mais a été un facteur de la méthodologie globale.