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Pourquoi les campagnes de CPA ne vous protègent pas de la fraude

Michel Hotoveli Michel Hotoveli Nov 25, 2019

« La zone de confort n’a jamais été le siège de choses extraordinaires. »

– Anonyme  –

Lorsqu’on étudie la fraude sous toutes ses formes et méthodes, on découvre vite que les fraudeurs, par nature, ne se reposent jamais sur leurs lauriers. Ils ne peuvent pas se permettre de rester dans leur zone de confort, car ils savent qu’ils sont traqués : ils sont donc constamment en mouvement, à la recherche de la prochaine faille dans laquelle s’engouffrer, de la prochaine erreur à exploiter.

Les annonceurs quant à eux, ont plutôt tendance à s’installer bien confortablement. Que ce soit d’une manière consciente ou non, de nombreux annonceurs font confiance aux méthodes obsolètes, qui au moment de leur mise en œuvre proposaient sans doute une certaine amélioration en matière de performance, de protection ou d’assurance.

 

L’évolution des modèles de la publicité mobile

Lorsque la publicité pour applications mobiles est arrivée sur le marché, les annonceurs ont découvert le modèle du coût par installation (CPI), qui récompense les éditeurs pour chaque installation qu’ils ont réussi à générer à l’aide d’un paiement.

À cette époque, l’approche des annonceurs était la suivante : « Donnez-moi l’installation et je m’occupe de la rétention ». Ce qui a parfaitement fonctionné pendant un temps.

Mais lorsque les fraudeurs ont commencé à cibler les campagnes de CPI en générant de faux utilisateurs ou en détournant les vrais, la qualité des utilisateurs a commencé à se détériorer, et l’attention s’est tournée vers les campagnes centrées sur le LTV, les mesures des événements in-app de naissance, et le modèle CPA (Coût Par Action).

Puis la promotion des apps a évolué vers les campagnes basées sur les CPA, certains annonceurs allant même jusqu’à abandonner purement et simplement les promotions CPI et se concentrant uniquement sur les événements in-app.

En suivant les événements in-app, un annonceur pouvait différencier les utilisateurs de qualité et ceux qui l’étaient moins en mesurant l’engagement, les progrès et les achats in-app.

Les annonceurs comptaient alors non seulement sur le CTR de leur partenaire média, mais aussi sur leur capacité à fournir des utilisateurs de qualité.

Comme la qualité des utilisateurs commençait à s’améliorer, on croyait que les campagnes de coût par action protégeaient vraiment les annonceurs de la fraude.

Les campagnes de CPA étaient censées (à juste titre) produire des utilisateurs de meilleure qualité et plus engagés, surtout si on les comparait aux utilisateurs issus de campagnes exclusivement basées sur le CPI.

Eh bien… Navré de jouer les rabat-joies mais la réalité est totalement différente.

 

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Les fraudeurs s’en donnent à cœur joie avec les campagnes basées sur les CPA

C’est là le mode opératoire des fraudeurs : leur force, c’est la confiance aveugle que vous accordez au CPA pour prévenir la fraude, c’est précisément ce qu’ils cherchent car ils ont déjà une longueur d’avance.

En utilisant des robots sophistiqués pour leur activité, les fraudeurs ont réussi à aller bien au-delà de l’installation en simulant des événements et des achats in-app au cœur même de l’app.

Dans une étude approfondie des données de la fraude conduite cette année, nous avons constaté que l’installation frauduleuse a généré environ 0,9 événement in-app en moyenne durant le T4 de 2018. Au cours du T2 de 2019, ce chiffre a triplé avec 2,7 événements par installation frauduleuse. Cette évolution indique clairement là où les fraudeurs concentrent leurs efforts.

Les applications de gaming, qui dépendent fortement d’événements in-app mesurables, sont celles qui sont les plus impactées par cette fraude. Mais ce problème ne concerne pas uniquement le secteur des jeux.

Les achats in-app, sur lesquels de nombreux secteurs reposent sous une forme ou sous une autre, deviennent également la cible de fraudes sophistiquées. 2% de l’ensemble des achats in-app du T2 2019 ont été identifiés comme frauduleux, c’est un record : 10 fois plus que pendant le T1 2019.

 

Tout n’est qu’une question de $$$

Alors que le CPI moyen s’élève à environ 2,89 dollars, le coût par action, lui, peut atteindre 4,58 dollars pour un événement d’enregistrement (début du parcours de l’utilisateur), et jusqu’à 40 ou 87 dollars respectivement pour les événements d’achat et d’abonnement.

Vu ces chiffres, le montant de la récompense que peut générer la fraude est donc nettement plus élevée. Même si les campagnes basées sur le CPA ne sont pas aussi répandues que celles basées sur le CPI, pour un fraudeur, réussir une infiltration au-delà du point d’installation, et passer inaperçu à travers les outils standards de protection anti-fraude, signifie un salaire particulièrement intéressant pour les événements de CPA.

Le faux sentiment de sécurité que certains marketeurs ressentent vis-à-vis des campagnes de CPA, allié aux récompenses élevées qui en découlent, sont une bénédiction pour les fraudeurs.

 

« La seule chose dont le mal a besoin pour triompher, c’est que les hommes justes ne fassent rien. »

– Edmund Burke –

 

La fraude ne se repose jamais. S’il y a de l’argent à la clef, les fraudeurs cherchent forcément le moyen d’en récupérer. Nous devons toujours examiner la situation actuelle et réfléchir à nos actions à venir car rester les bras ballants donne aux mauvais acteurs la petite avancée qu’ils attendent.

En examinant l’évolution des modèles de publicité en ligne, on découvre que la fraude fait partie intégrante du développement de l’industrie car elle induit des méthodes créatives pour éliminer la fraude, et donc améliorer le positionnement et les performances.

Le temps est venu de faire un nouveau pas en protégeant nos investissements, en traquant la fraude dans les endroits les plus difficiles et les moins familiers, au-delà du point d’installation et d’attribution. 

La détection de fraude post-attribution fait partie intégrante de Protect360, la nouvelle étape de protection contre la fraude d’AppsFlyer, car nous cherchons à identifier les fraudes sophistiquées qui ne sont pas identifiées en temps réel, mais cela ne s’arrête pas là.

Nous continuons à développer nos méthodes de protection contre la fraude actuelle et future en examinant les événements, le comportement post-installation et les données biométriques des utilisateurs. Nous sortons de notre zone de confort, car ce sont dans les endroits que nous pensions à l’abri du danger que nous pouvons débusquer la fraude.

Étude AppsFlyer de la fraude mobile 2019https://cta-redirect.hubspot.com/cta/redirect/597489/4ee53e94-929f-4d39-91c9-d0f2df61b7adhs-cta-img-4ee53e94-929f-4d39-91c9-d0f2df61b7ad